Le Cavalier King Charles a des origines royales.
Son appartenance aux épagneuls nains anglais le désigne tout d’abord comme un chien de chasse. Il semble qu’il ait effectivement été un chasseur de lapins . Mais très tôt , il gagne ses galons comme chien de compagnie dans l’aristocratie anglaise. Comme beaucoup de petits chiens, et ce dans toutes les catégories sociales, il sert d’abord de « bouillotte ». Dés le XVIème siècle, il est prescrit comme « remède » par les médecins: il réchauffait le giron des dames durant les voyages en voiture et dans les salles glaciales des châteaux. Ces ladies n’ayant le plus souvent que quelques papotages et jeux pour occuper leurs journées, il était logique qu’elles s’intéressent puis se prennent d’affection pour leurs « bouillottes ».
Marie Stuart fut emprisonnée avec un petit épagneul et, selon la légende, lors de son exécution en 1587, le chien fut retrouvé blotti dans les jupons de sa maîtresse. Emmené de force, il mourut deux jours plus tard.
Un des grands admirateurs de ces chiens fut Charles II. Il était toujours entouré par une petite meute qu’il emmenait même au parlement. Selon un chroniqueur de l’époque, il consacrait plus de temps à ses chiens qu’aux affaires du royaume. Il laissera son nom à la race.
Mais dés le XVIIIème siècle , les chiens à face plate , à la mode, lui font concurrence. Au XIXème siècle, les éleveurs vont pratiquer des croisements (certainement avec des épagneuls japonais, des carlins et des pékinois), changeant quelque peu la morphologie du chien, essentiellement en aplatissant son nez. Le Toy Spaniel Club, fondé en 1886, reconnut officiellement cette race, et décida que son nom serait différent en fonction des couleurs : Unicolores: Rubis. Noir et feu : King Charles. Tricolores : Prince Charles . Orange et Blanc : Blenheim. Le roi Édouard VII intervient en 1903: la dénomination King Charles s’étend à l’ensemble de la race.

Cavalier’s pets. Landseer
La première année, peu d’éleveurs semblent intéressés. Mais dés 1928, un standard est rédigé par Mrs Amice Pitt, éleveuse renommée. Son modèle de référence est un petit mâle blenheim appelé Ann’s Son appartenant à Miss Mostin Walker. Ce chien qui ressemblait énormément à ceux représentés sur les tableaux du XVIIIème siècle fut vraisemblablement à l’origine de tous les cavaliers King Charles.
Mais naquit alors un problème de nom, puisqu’il existait des King Charles à nez court et des King Charles à nez long. En 1928, puisque Elbridge s’était servi du tableau ‘The cavalier’s pets », on donna le nom de Cavaliers King Charles aux King Charles à nez long. (c’est également une référence à l’histoire anglaise, les « cavaliers » étant le nom des partisans de Charles Ier lors de la guerre civile qui les opposa aux « têtes rondes » partisans de Cromwell) . La même année, le Kennel Club reconnaissait officiellement le Club du Cavalier King Charles.
Depuis cette date, le Cavalier King Charles est devenu l’un des chiens d’agrément favoris des Anglais , et grâce à la princesse Anne ,est resté dans la famille royale.
Il n’a pas provoqué le même engouement aux USA où il faut attendre 1996 pour qu’il soit reconnu par l’American Kennel Club. En France , les premiers sujets sont arrivés à partir de 1975, et le club français a été fondé en 1983.
Mais le Cavalier King Charles a rattrapé son retard. Il fait aujourd’hui partie des races préférées des Français , car c’est un chien facile à vivre et dont la compagnie est très agréable. Malheureusement, cette « mode » l’a fait remarqué de soi disant éleveurs peu scrupuleux dont le principal objectif n’est ni le respect du chien, ni celui de la race.
Le mot de la fin, digne d’un Cavalier :
« ci gît Dash, le Spaniel favori de Sa Majesté la reine Victoria, par le commandement de laquelle ce mémorial fut érigé . Son affection était sans égoïsme, son espièglerie sans malice, sa fidélité sans duperie. Lecteur, si vous voulez vivre aimé et mourir regretté, faites profit de l’exemple de Dash ».
Épitaphe de Dash, épagneul de la reine Victoria, mort le 20 décembre 1840